J'ai pleuré avec les chiens
(TIME CREATION DESTRUCTION) 2021

(ENGLISH)

J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction) is Daina Ashbee’s first group piece. Created before and during the pandemic, it went through the setbacks generated by it and then took shape again. The piece has incisive, sober precision and poetics of explosion and trance that we recognize as the signature marks of this choreographer.

 

Multiple, openly naked, bodies – female bodies, male bodies – track through various states with chants, attempts at rapprochement, stacks on all fours, and lines of flight. From the rupture emerges the connection.

From the sounds produced by the bodies emerge the movements which, in turn, generate rumblings, yelps, tears, calls.

Far from illustrating or representing, the performers are embodied, transmitting like channels of flesh. Myriads of lived stories crystallize into living corporeal states of being.

The creative process began with the exploration of a sensation: seeking solace in the embrace of one’s dog, howling with this companion species¹. This process then evolved into a dive into canine body states. What has emerged from it today does not oscillate between animal and human, the bodily and the spiritual, the feminine and the masculine, nature and culture, suffering and care, anchoring and air. No, dichotomies and dualisms do not interest Ashbee. The notion of essence does not challenge her either: She thinks of the world as a weft of potentialities where everything can coexist, well beyond the binary.

J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction) shapes a ritual of cohabitation and decompartmentalization – a constellation of possibilities that escapes confinement in a category, a genre, a territory, circumscribed affiliations. Everything there is transitory, fugitive.

 

Experience the piece by leaving analytical categorization in the cloakroom and open the way to sensory experience: that of a space where beings and things can continually transform. This is not a temporary disruption, but a reconfiguration of the sensible². In this, Ashbee’s work is anti-colonial. The colonial and capitalist relationship to the world is not only material where territories and bodies are to be conquered, classified, possessed, and exploited, but also cognitive and sensitive³. The colonial perspective considers the arts, knowledge and, in general, what makes up the world as commodities to be acquired and categorised. J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction) constitutes a refusal of the ways of knowing, creating, and feeling that are marked by colonialism.

[Translated from original French text by Nayla Naoufal]

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1 Companion Species Manifesto, Donna Haraway.

2 “Fugitive Indigeneity: Reclaiming the Terrain of Decolonial Struggle through Indigenous Art”, Jarrett Martineau and Eric Ritskes, Decolonization: Indigeneity, Education & Society, 3, 1, p. I-XII, 2014.

3 Ibid.

(FRANÇAIS)

 

J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction 2021) est la première pièce de groupe de Daina Ashbee. Créée avant la pandémie, elle est passée par les accidents de parcours et les éclatements générés par celle-ci et a repris forme. La pièce est marquée par une précision incisive et sobre, celle de la poétique de la déflagration et de la transe à laquelle nous a habitué.e.s la chorégraphe. Plusieurs corps nus, béants. Des corps féminins, un corps masculin, traversés par divers états et mélopées. Des tentatives de rapprochement, des empilements à quatre pattes, des lignes de fuite. De la rupture émerge la connexion. Des sons produits par les corps émergent les mouvements qui, tour à tour, engendrent grondements, glapissements, pleurs, appels. Loin d’illustrer, de représenter, les interprètes incarnent, transmettent tel des canaux de chair. Des myriades d’histoires vécues se cristallisent pour façonner les corporéités présentes. Le processus de création de J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction 2021) a commencé avec l’exploration d’une sensation : chercher réconfort dans l’étreinte de son chien, hurler avec cette espèce compagne1. Ce processus a ensuite évolué vers une plongée dans des états de corps canins. Ce qui en a émergé aujourd’hui n’oscille pas entre l’animal et l’humain, le corporel et le spirituel, le féminin et le masculin la nature et la culture, la souffrance et le soin, l’ancrage et l’aérien. Non, les dichotomies et les dualismes n’intéressent pas Ashbee. La notion d’essence ne l’interpelle pas non plus : Elle pense le monde comme une trame de potentialités où tout peut coexister, bien au-delà de la binarité. J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction 2021) façonne un rituel de cohabitation et de décloisonnement. Une constellation de possibles qui échappe au confinement dans une catégorie, un genre, un territoire, des appartenances circonscrites. Tout y est transitoire, fugitif. Éprouver la pièce en laissant sa grille de lecture et ses catégories au vestiaire ouvre la voie à une autre expérience sensorielle : celle d’un espace où les êtres et les choses peuvent se transformer continuellement. Il ne s’agit pas d’une perturbation temporaire, mais d’une reconfiguration du sensible2. En cela, l’œuvre d’Ashbee est anticoloniale. Le rapport colonial et capitaliste au monde n’est pas seulement matériel – les territoires et les corps sont à conquérir, classer, posséder et exploiter – mais aussi cognitif et sensible3 : la perspective coloniale envisage les arts, les savoirs et, en général, ce qui compose le monde comme des denrées à acquérir et catégoriser. J’ai pleuré avec les chiens (Time, Creation, Destruction 2021) constitue un refus des manières de savoir, de créer et de ressentir marquées par le colonialisme.

by Daina Ashbee 

 

Created, Produced and Choreographed by Daina Ashbee 

Rehearsal director : Gabriel Nieto

Performers at premiere : Irene Martìnez, Angelica Morga, Gabriel Nieto, Greys Veccionacche, Lorena Olguìn, Elise Vanderborght

Additional performers : Briseida Lopez, Imara Bosco, Daina Ashbee, Ralph Escamillan

 

Project Manager and Administration : Angelica Morga

 

Mentor : Benoît LaChambre

 

Lighting Designer : Vito Walter

 

Musical compilation : Sean MacPherson, Daina Ashbee, Gabriel Nieto

 

Text (Française) : Nayla Naoufal

 

Photo and Video : Nicolas VanAchter

Co-production partners: KVS Brussels Stadstheater, Festival TransAmériques – FTA, Agora de la danse, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (FR), BIT Teatergarasjen (NO), National Arts Centre​

 

Residency partners: KVS Brussels Stadstheater, Harbourfront Centre (TO), Montpellier Danse (FR), CCOV (Mtl)

 

Funding partner: Developed with support from the National Art Centre’s National Creation Fund, Canada Council for the Arts, Conseil des Arts et des Lettres de Québec​​​​​

CALENDAR 

June 9 & 10 2021- Paris, France 

June 15 & 16 2021 - Brussels, Belgium

March 9, 10, 11 & 12 2022- Vancouver, British Columbia

May 17 & 18 - Potsdam, Germany

June 4, 1:30pm - Montreal, Quebec 

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